‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 174 sur 261 · Juhere · texte numérisé non relu

Juhere

3. Avsfto?, qui se dit pour »i[xoi de «w, lequel signifie la même chose que nvka souffler. Les latins ont tiré spiritusde spirars; enfin <p<jxri vient de ^ûxw, qu'Hésychius traduit par ndoi. Voy. les Essais philosophiques de Dugald Slewart, trad. par Ch. Huret, p. 277 et 284. ;

d'acception, comment distinguerait-on un sens propre et un sens figuré ? Il est manifeste que les objets sensibles ont été les premiers désignés. En montrant un objet matériel et en prononçant le mot par lequel on voulait l'exprimer, on faisait aisément comprendre qu'on avait ce dessein, les hommes étant doués d'une faculté naturelle qui les porte à employer l'articulation comme signe de leur pensée *. Mais quand il s'est agi d'exprimer un acte de l'âme ou un objet immatériel, comment a-t-on pu faire pour indiquer celui dont on voulait parler ? On ne pouvait la montrer du doigt : il fallait donc désigner les circonstances sensibles au milieu desquelles se produit tel acte de l'àme ou la pensée de tel objet immatériel, et s'en remettre à l'intelligence et à la sympathie de nos semblables du soin de deviner une chose immatérielle sous les mots qui désignent des objets sensibles. Ainsi les mots inclinalion et penchant ont un sens physique qu'il a été facile de déterminer en présence des objets matériels signifiés par ces mots, tel que le penchant d'une montagne ou l'inclination du corps. Mais le premier qui a parlé de son inclination immatérielle ou de son penchant moral pour une personne ou un objet, tout en employant des mots, qui n'avaient d'abord qu'une signification physique, a fait entendre autre chose que le mouvement de son corps vers cet objet ou cette personne. Chacun a compris ce qu'il voulait dire, parce que chacun savait ce qui se passe dans notre âme, lorsque notre corps est, pour ainsi dire, machinalement incliné vers l'objet qui nous attire. Chacun a vu que le nom de l'effet sensible était pris ici pour exprimer la cause insensible, c'est-à-dire l'acte de Tâme; et comme, dans cette circonstance, la cause avait plus d'importance que l'effet, le mot d'inclination a fini par signifier plutôt l'état intérieur

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