‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 178 sur 261 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

G. Voy. plus haut, t. II, liv. VIII, chap. i, 8.

Dans les idées de l'espace et du temps David Hume ne découvre que des contradictions qui viennent surtout de la divisibilité à l'infini, et il propose de considérer ces idées lion comme des notions dont l'objet serait universel et infiniment étendu, mais comme des noms généraux exprimant plusieurs idées particulières. Les idées sur lesquelles reposent les mathématiques ne seraient aussi que des idées particulières fournies parles sens et reproduites par l'imagination; et, en conséquence, les quantités mathématiques ne pourraient pas être divisibles à l'infini '. a Rien n'est plus libre, dit-il encore, que l'imagination humaine, mais elle ne saurait s'écarter de ce fonds d'idées que lui suggèrent les sens extérieurs ou les sens internes 2. » Quant à la morale elle est plutôt, suivant lui, l'objet du sentiment que de l'entendement. La beauté, soit morale, soit physique se sent plutôt qu'elle ne s'aperçoit. « Si nous en raisonnons, si nous tâchons d'en fixer les règles, nous envisageons alors le sentiment universel du genre humain 3. »

Telle est la forme que la doctrine de la sensation revêt sous la plume de David Hume, lorsqu'il l'expose de suite et dans l'intention de proposer un système complet. Toutesles conséquences en sont rigoureusement déduites et toutes les parties solidement liées entre elles; mais, dans d'autres endroits de ses ouvrages, quand l'esprit de système ne souffle plus dans son âme, il revient à une plus juste appréciation de la vérité. De même qu'il a abandonné les conséquences idéalistes de la doctrine de Locke, il n'est pas plus fidèle aux conséquences mcUérialistes de cette théorie. Nous avons montré qu'il reconnaît des idées qui ne sont pas des copies d'impression telle

1. Œuvres philosophiques, trad. franc., t. II, p. 111, 115 et la note de la page 115. ^

Page 1