Yoy. plus haut, t. I, liv. VL chap. i
4. Yoy. Descartes, Essai de synthèse, ou les méditations mises dans l'ordre synthétique, la Logique de Port-Royal, et plus haut, t. III, liv. X, chap. ii, § 3.
Kantposeen fait que tous les jugements qu'il appelle analytiques ou explicatifs sont o priori, ou en d'autres termes, qu'ils ne viennent pas de l'expérience. « La proposition : Tout corps est étendu, est, dit-il, une proposition a priori et non un jugement de l'expérience; car, avant de m'adresser à l'expérience, j'ai déjà toutes les conditions de mon jugement dans la conception de corps; il ne me reste plus qu'à tirer de celte conception l'attribut qu'elle renferme, et à remarquer la nécessité de ce jugement en vertu du principe de contradiction, nécessité que l'expérience ne m'apprendra jamais *. »
En exposant la théorie intellectuelle de Leibniz, nous avons critiqué le prétendu caractère de nécessité qu'il attribuait aux propositions identiques -: nous adresserons la même critique aux jugements analytiques de Kant. La proposition : Tout corps est étendu, est purement expérimentale. En effet, si cette proposition veut dire que ce qui résiste est étendu, elle ne dépasse pas les bornes de l'expérience; et si le mot corps signifie l'étendue, la proposition revient à ces termes : Toute étendue est étendue; l'attribut ne fait que de répéter le sujet. La nécessité où nous sommes de ne pas nous contredire, si nous voulons nous entendre avec nous-mêmes et avec les autres, ne peut être considérée comme dépassant les bornes de l'expérience ; car c'est l'observation qui nous apprend que l'on n'est pas compris, quand on se contredit. Si donc le philosophe de Kœnigsberg entend par connaissance nécessaire, non pas celle dont l'objet est nécessaire, absolu, infini, ainsi que l'entendait Descartes *, mais celle qui se fonde uniquement sur le principe de contradiction, il n'a pas renfermé dans sa théorie les véritables connaissances nécessaires : il a pris pour