Pouillet, Eléments rie physique, 4^ édit., t. I^f, p
PRINCIPAUX SYSTÈMES SUR LES FACULTÉS 3^i9
Quant à la métaphysique, ses progrès ont été si lents jusqu'ici, elle est si loin d'avoir atteint le but qu'elle s'était proposé, que tout le monde a le droit de douter qu'elle soit possible ^ » Les principes de la physique pure n'étant autre chose qu'une partie des principes de la métaphysique, Kant aurait dû nier ou reconnaître les progrès de l'une et de l'autre en même temps.
§ 4. Les conceptions transcendontales. Division de ces conceptions.
Au surplus, le fondement qu'il propose de donner h la physique pure et à la métaphysique s'écroule et les entraîne dans une ruine commune. La tâche qu'il s'impose est de chercher le point d'appui des jugements synthétiques nécessaires ou a priori. « Ce fondement, dit-il, ne peut se trouver dans l'expérience, comme l'ont pensé à tort Locke et David Hume-. Il est dans la nature même de l'esprit humain 3. » Descartes avait distingué parmi les connaissances celles dont les sens extérieurs étaient l'occasion et celles qu'il attribuait, suivant son expression, à la pure intelligence ou à la raison pure *. Mais pour Descartes, la raison pure concevait des idées dont les objets n'existaient que dans l'esprit, ou saisissait des réalités extérieures, c'est-à-dire indépendantes de la pensée qlii s'y applique; elle connaissait l'existence de ce vtoi qui pense et l'existence d'une substance invariable sous la forme mobile de toutes choses, etc. Pour Kant la raison pure ne produit que des conceptions vides de toute réalité externe.