‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 191 sur 261 · ibid., p · texte numérisé non relu

ibid., p

§ 5. Les conceptions transcendantales qui accompagnent l'exer cice de la faculté sensitive. Le matériel et le fonnel de la connaissance ; l'objectif et le subjectif.

Occupons-nous d'abord des conceptions pures de la première classe. Le philosophe allemand ne songe pas à refuser toute réalité au monde extérieur; à ses yeux l'extérieur existe, il agit sur nos sens, il est l'occasion de l'action de notre faculté sensitive ' et de notre entendement. Nous ne connaissons pas le monde extérieur tel qu'il est en lui-même, mais seulement tel qu'il nous parait; nous n'en saisissons pas la réalité intime, mais l'apparence, le phénomène -.

Cette théorie n'est pas particulière à Kant, c'est celle de tous les philosophes : nous ne connaissons de la nature extérieure que le rapport de celte nature avec les'organes qui nous aident à la connaître, c'est ce que nous avons déjà fait remarquer '.

Pour exprimer l'acte de l'esprit par lequel nous saisissons le phénomène extérieur, Kant emploie indifïéremment les mots de représentation *, perception "", intuition ', sensation '. Ces mots ont cependant une valeur

1. Kant nous autorise lui-même à traduire le mot sinnlichkeit ^■"'jr celui de faculté sensitive, et non par celui de sensibilité. Voici comment il s'exprime dans une note de son ouvrage, à la p. 277 ; « On ne doit pas dire le monde intellectuel au lieu du monde intelligible, comme on a coutume de le faire communément dans des ouvrages allemands. C'est la connaissance qui doit s'appeler intellectuelle ou sensitive, et c'est pour les objets de l'une ou de l'autre façon de connaître, qu'il faut garder les noms d'intelligible ou de sensible. »

2. Die erscheinung. Critique, etc., édit. citée, p. 243,384, 385, 386, 553.

3. Voy. plus haut, t. I, liv. \'I, cliap. m, § 8, et t. II, liv. IX, chap. II, l 8,

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