‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 196 sur 261 · IbkL, liv. VII, chap. n · texte numérisé non relu

IbkL, liv. VII, chap. n

pas 1. Or, Kant, regarde toute étendue et toute figure comme également données par une intuition pure, c'està-dire comme de pures formes de la faculté sensitive, sans aucune réalité extérieure. Nous croyons donc avoir à lui reprocher deux fautes sur la notion de l'étendue et de la figure : premièrement, il ne reconnaît aucune figure, ni aucune étendue comme donnée par les sens ; secondement, il affirme de l'espace pur et absolu saisi par l'entendement, ce qu'on ne peut affirmer que de la figure géométrique, savoir : que fespace est une pure conception sans aucune réalité extérieure.

Kant a raison de dire que la notion de l'espace pur n'est pas dérivée de l'expérience, puisque celle-ci ne donne pas d'objet nécessaire, ni formée de notions particulières, puisque l'espace pur n'est pas une qualité générale - ; il a raison d'ajouter que l'espace n'est pas l'ordre des choses contingentes, puisqu'il peut être conçu comme vide de toutes choses <* ; mais il a tort d'en conclure que l'espace absolu est une conception purement idéale. Nous n'entreprendrons pas de prouver contre lui que l'espace absolu ne dépend ni des objets qu'il renferme, ni de l'esprit qui le perçoit. L'espace pur est l'objet d'une perception immédiate, évidente d'elle-même. Nous ne pouvons que la poser en fait. Si quelqu'un rejette celte évidence, nous ne savons que lui dire; car il n'y a pas de principe plus évident ni plus immédiat sur quoi nous puissions nous appuyer. Kant se borne aussi à poser en fait que l'espace pur est une conception idéale; il ne le démontre pas. Toute sa démonstration porte contre ceux qui regardent l'espace comme une donnée de la sensation, ou comme la somme de quelques notions particulières, ou comme l'ordre des choses contingentes.

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