‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 199 sur 261 · Critique de la raison pure, édit. citée, p · texte numérisé non relu

Critique de la raison pure, édit. citée, p

l'existence du corps et de l'âme, ce qui réduirait en effet le corps et l'âme à de vaines apparences ; ils sont des réalités indépendantes des choses contingentes et indépendantes de l'esprit, qui peut supposer son propre anéantissement et ne peut supposer celui du temps et de l'espace, ou en d'autres termes, qui se perçoit lui-même comme contingent et qui perçoit le temps et l'espace comme nécessaires.

Selon Kant, le temps et l'espace sont si bien les formes subjectives de notre faculté sensitive humaine, que rien de semblable ne se trouve en Dieu, c'est-à-dire qu'à l'égard de Dieu, qui n'est point senti par nous et qui ne se sent pas lui-même puisqu'il est dépourvu des sens extérieurs, on ne peut parler de temps ni d'espace ^, et que Dieu n'a aucune idée de ces choses, si ce n'est en tant que formes de la faculté sensitive qu'il a départie aux hommes. Cette conséquence découle naturellement de la théorie de Kant, et elle en montre en même temps l'originalité et l'insuffisance. Il estclair qu'on ne se prête pas à cette supposition qu'il n'y a à l'égard de Dieu ni temps ni espace ^, et qu'il ne connaît l'espace et le temps que comme les produits de la faculté sensitive de l'homme. Comment Dieu serait-il éternel et infini s'il n'était dans tous les temps et dans tout l'espace? De plus, loin de supposer que Dieu n'a aucune idée du temps et de l'espace, nous affirmons qu'il en possède une connaissance parfaite, au lieu de la connaissance obscure et incomplète que nous en avons.

D'un autre côté cette théorie n'explique pas comment nous pouvons exprimer sur le temps et l'espace des propositions nécessaires. Si les conceptions géométriques et les conceptions morales sont purement idéales et cepen-

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