Voy. plus haut, t. II, liv. VI, chap. v, § 5 et
dant nécessaires, c'est qu'elles ont un fondement dans la pensée éternelle de Dieu; mais d'après la théorie de Kant, le temps et l'espace n'auraient de fondement que dans la pensée des hommes, et l'on ne devrait pas plus établir de propositions nécessaires sur l'espace et le temps que sur l'amour, la haine ou toute autre forme contingente de l'âme humaine.
La faculté qui nous donne la notion de nous-mêmes a été appelée par la scolastique le se7is intime; c'est pour cette raison, sans doute, que Kant rapporte le sens intime à la faculté sensitive K La conception du temps lui paraissait la forme du sens intime, comme la conception de l'espace, la forme des sens extérieurs, et ces deux conceptions étaient à ses yeux pures ou transcendantales : voilà pourquoi il a traité sous le nom d'esthétique transcendantale des notions et priori sur l'espace et le temps, ou en d'autres termes des conceptions a priori, qui accompagnent, suivant lui, l'exercice des sens extérieurs et du sens intime.
§ 9. Les conceptions transcendantales qui accompagnent l'exercice de l'entendement. Les catégories.
Examinons maintenant quelles sont les notions a pn'on que le philosophe rapporte à l'entendement, et dont il traite dans la partie de la logique transcendantale, qu'il appelle l'analytique transcendantale 2. Ces notions sont encore, dans son opinion, des conceptions pures ou transcendantales, et par conséquent des produits, ou suivant son langage, des formes de l'entendement. L'entendement est pourlui en cet endroit la combinaison de l'imagination et de la mémoire avec les sens extérieurs et la