Loijique de Bosauet, édit. citée, p. 3(36 et
heureux, l'autre que ni les plaisirs, ni les honneurs, ni les richesses ne le peuvent faire *. » On nomme cette proposition, qui est à la fois affirmative et négative, ou qui limite l'affirmation, une proposition limitative. Kant l'appelle proposition indéterminée ^.
Quant à la relation, c'est-à-dire au rapport qui existe entre le sujet et l'attribut, la proposition est absolue, conditionnée ou disjonclive; absolue, si l'attribut appartient, sans condition au sujet, comme, par exemple : l'homme est raisonnable; conditionnée, lorsque l'attribut appartient hypothétiquement au sujet : si le soleil tourne autour de la terre, il faut que la terre soit immobile. La proposition disjonctive rentre, soit dans la proposition conditionnée, soit dans la proposition absolue. Si je dis : C'est le soleil ou c'est la terre qui tourne, cetteproposition peut se résoudre en cette autre hypothétique : Si le soleil ne tourne pas, il faut que la terre tourne. Quand je m'exprime ainsi : la justice consiste dans la distribution des biens ou dans le châtiment des crimes, cette proposition est simplement énonciative; elle établit une division, de sorte qu'en quelque manière qu'on regarde la proposition disjonctive, elle ne fait jamais un genre particulier *.
La proposition absolue est appelée par Kant catégorique, parce qu'elle affirme purement et simplement le rapport de la substance et du mode, comme on le voit dans l'exemple : l'homme est raisonnable. La proposition' conditionnée est nommée par lui hypothétique, parce qu'eUe n'affirme, à son avis, qu'un rapport supposé de cause et d'effet : le soleil ne peut être immobile que si la terre se meut; c'est donc le mouvement supposé de la terre qui est la cause de l'immobilité du soleil. La proposition disjonctive, à laquelle Kant laisse son nom, ex-