Unendlich
'à. Logique de Bossuet, édit. citée, p. 364-366,
prime le rapport des parties au tout; par exemple ; le distribution des biens et le',chàtiment des crimes forment les parties dont la justice est le tout.
Enfin, les propositions modales sont celles où se rencontre un de ces quatre termes : nécessaire, contingent, possible, impossible. Ces quatre termes modifient les propositions, c'est-à-dire qu'ils n'expriment pas seulement que la chose est véritable, mais encore de quelle manière elle l'est. De telles propositions se réduisent facilement en propositions simples, comme, quand je dis : il est nécessaire que Dieu soit ; il est impossible que Dieu ne soit pas; il est nécessaire que la terre soit mue; il est possible ou bien impossible qu'elle le soit ; c'est la même chose que si je disais : l'être de Dieu est nécessaire; le non-être de Dieu est impossible; le mouvement de la terre est nécessaire ou le mouvement de la terre est possible, ou le mouvement de la terre est impossible. Ainsi ces propositions ne sont point une espèce particulière, et se réunissent en propositions complexes ou incomplexes, selon la nature des termes dont elles se trouvent composées *.
Dans le langage de Kant , la proposition qui affirme la possibilité s'appelle problémalique ; celle qui affirme l'existence contingente s'appelle assertorique ; celle qui exprime la nécessité s'appelle apodictique ; c'est-à-dire convaincante.
Il y a là une grande affectation de dénominations nouvelles dont quelques-unes se répètent comme catégorique et assertorique , hypothétique et problématique, et qui n'étaient point nécessaires, puisque le philosophe ne se proposait pas de réformer la classification ordinaire des propositions, mais d'y chercher les conceptions transcendantales qui sont pour lui les éléments irréductibles de
1 Logique de Bossuet, p. 363.
nos jugements; il les nomme d'un nom qu'il emprunte h Aristote, les catégories de l'entendement, et il en compte douze qui correspondent aux douze sortes de propositions. Ces conceptions transcendantales sont : lo l'universalité, la pluralité, l'unité, qui répondent aux propositions universelles, particulières et singulières ; 2" l'affu'mation, la négation et la limitation, qui se rapportent aux propositions affirmatives, négatives et limitatives ; 3" la substance et le mode, la cause et l'effet, le rapport mutuel de tous les membres d'une division, qui se rattachent aux propositions absolues, conditionnées et disjonctives; 4o enfin la possibilité et l'impossibilité, l'existence et son contraire, la nécessite et la contingence, qui appartiennent aux propositions modales K
§ 10. Distinction arbitraire entre les conceptions de la faculté sensitive et celles de l'entendement.
Nous avons d'abord à demander pourquoi l'auteur rapporte la conception de l'espace et du temps à la faculté sensitive et les conceptions que nous venons d'énumérer à l'entendement envisagé comme faculté de produire des jugements. Kant a suivi ici la division ordinaire et erronée entre les sens et le jugement. Nous avons fait voir que, quelle que soit la signification qu'on prête au mot de jugement, les sens produisent des jugements, c'est-à-dire qu'ils unissent ensemble plusieurs éléments, d'où la conception pourra plus tard extraire des idées abstraites et des termes abstraits, et qu'ils affirment l'existence des objets qu'ils saisissent 2. Il n'y avait donc pas de bonnes raisons pour séparer les notions de temps et d'espace des autres notions transcendantales que l'auteur rapporte à la faculté du jugement, ni pour
1. Critique de la raison pure, édit. citée, p. 70, 72, 78 et 83.