‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 205 sur 261 · Voy. plus liaut. t. II, liv. VIII, ch. ii · texte numérisé non relu

Voy. plus liaut. t. II, liv. VIII, ch. ii

tendait pas donner une énumération entière, mais seulement des exemples ; nous lui représenterons que ces prétendues catégories de l'entendement sontinséparables les unes des autres, qu'elles ne forment point des actes réciproquement indépendants, et qu'à cette condition seule, ils constitueraient de véritables catégories de l'intelligence. En effet, nous n'affirmons et ne nions que l'existence ou son contraire, la possibilité ou l'impossibilité, la nécessité ou la contingence, de sorte que, dans la production du jugement, la qualité est inséparable de la modalité. De plus nous n'affirmons l'existence réelle ou possible, contingente ou nécessaire que d'un ou plusieurs objets : la quanlilé est donc indissolublement liée à la qualité et à la modalité. Enfin, les objets du jugement sont toujours envisagés comme substance ou mode, comme cause ou effet, tout ou partie, signe ou chose signifiée, etc., de sorte que dans l'action primitive de la pensée, les catégories de la relation ne peuvent pas non plus se séparer des autres. Il n'y a donc pas dans l'entendement une catégorie de l'affirmation et de la négation qui ne soit pas en même temps la catégorie de l'existence et de son contraire; il n'y a pas une catégorie de l'existence qui ne soit pas en même temps la catégorie de la substance et du mode, ou de la cause et de l'effet, etc., et en même temps aussi celle de l'unité ou de la pluralité. Si nous pouvons considérer un même jugement sous le point de vue de la quantité du sujet, de la qualité affirmative ou négative du verbe, de la relation entre le sujet et l'attribut, et enfin de la nature contingente ou nécessaire de l'existence, c'est par l'effort de l'abstraction qui est un mode de la mémoire ^ ; mais dans la production primitive de la pensée, tous ces éléments sont inséparables. .

i. Voy. plus haut, t II, L VII, ch. i, § f^

Ce que le philosophe allemand a décrit, ce ne sont pas les catégories de la production primitive de la pensée, mais une partie des catégories de l'abstraction. Pour arriver à découvrir les vraies catégories de l'entendement, il faut, comme nous l'avons dit, considérer quels sont les actes qui peuvent se séparer les uns des autres, non pas dans l'abstraction, mais dans l'énergie primitive de l'intelligence; or, de ce point de vue, on apercevra que les vraies catégories sont : 1° La perception des corps qui, aidée de la mémoire, nous fournit la notion d'unité, de pluralité, de totalité, de tout et de parties, de genre et d'espèce *. 2° La perception de nous-mêmes, qui , appuyée aussi sur la mémoire , nous suggère la notion de la simplicité, de l'identité, du mode, de la substance, de la causalité ^. 3° La perception du temps et de l'espace purs, de la force active éternelle et impérissable, perception qui contient celle du fini et de Finfini, de la contingence, de la nécessité ou de l'impossibilité métaphysique '. 4° La croyance primitive à une existence possible, par l'induction, l'interprétation ou la foi naturelle *.

§ 12. Les catégories ne sont pas toutes données a priori par l'entendement.

Kant avance que les douze idées fondamentales qu'il a extraites de toutes les propositions possibles sont a priori, c'est-à-dire antérieures à l'expérience. La plupart de ces idées sont, au contraire, adventices ou postérieures à l'expérience et contingentes. Examinons d'abord les catégories de quantité. Nous percevons l'unité d'un

1 Voy. plus haut, t. II, 1. VI, chap. m, g 2.

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