‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 206 sur 261 · Ibid., 1. VIII · texte numérisé non relu

Ibid., 1. VIII

corps par les sens, et l'unité de l'âme par la conscience. Si l'on se refuse à dire que l'idée de l'unité de l'âme soit adventice, en tant qu'elle ne nous vient pas du dehors par les sens extérieurs, on devra convenir qu'elle est postérieure à lexistence de son objet, et qu'en conséquence elle est expérimentale. La perception de la multiplicité des corps et des généralités ou des classes, qui se fondent sur les ressemblances, est une notion adventice dans toute la rigueur de l'expression.

Les catégories de la qualité, c'est-à-dire l'affirmation et la négation, sont des perceptions, des conceptions et des croyances dont les unes existent a priori et les autres a posteriori, selon les objets qu'elles affirment ou nient, comme on va le voir dans les catégories suivantes.

En effet, les catégories de la relation contiennent des affirmations expérimentales et des affirmations a priori. La perception de ce qui est en nous toujours le même sous les changements des phénomènes, nous donne la notion de l'identité et du changement, de la substance et du mode, et cette notion, en ce qui s'applique à nousmêmes, est entièrement a posteriori '. C'est lorsqu'on s'interroge sur les changements de l'univers qu'on découvre que quelque chose n'a point commencé et ne doit point finir -. Alors seulement, l'affirmation est a priori, puisqu'elle embrasse un temps que nous n'avons point perçu, un temps qui n'existe pas encore. Il laut donc distinguer dans la notion delà substance et du mode une partie expérimentale, celle qui se rapporte à nous-mêaies, et une partie a priori, celle qui s'applique à l'univers. Il en est de même de la notion de la cause et de l'effet : la conscience et la mémoire nous montrent les changements que produisent notre force motrice et

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