‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 22 sur 261 · Ibld · texte numérisé non relu

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trois dimensions, mais les propriétés qui appartiennent à l'un et qui manquent à l'autre, telles que la propriété de résister, d'être visible, de produire des sons, etc. Voilà pourquoi l'espace n'est pas la même chose que le corps, li Qu'est-ce que le nombre? demandent les pyrrhoniens? S'il est dans les choses, qu'on explique comment il y peut être, et s'il n'y est pas, comment sontelles nombrées ^ ? Le nombre est en effet difficile à concevoir, si l'on en veut faire quelque chose d'extérieur aux objets nombres, et qui existe indépendamment de l'esprit et des objets individuels. Mais le nombre considéré comme la quaUté abstraite des objets multiples n'a plus rien d'incompréhensible.

Quant aux obscurités réelles que nous présentent les choses, il faut s'y résigner et ne pas porter notre curiosité au delà du terme oU il a plu à Dieu de la satisfaire. Les pyrrhoniens remarquent, comme Aristote, que la nature du temps est incompréhensible, qu'il se compose de parties qui ne sont plus, de parties qui ne sont pas encore et de parties qui périssent à chaque instant 3. Comment chaque partie du temps périt-elle? disait Aristote : elle ne peut périr quand elle est, ni quand elle n'est plus. Ce sont en effet des mystères audessus de notre intelligence, mais qui ne doivent pas nous empêcher de reconnaître que le temps se compose du passé, du présent et de l'avenir. Les pyrrhoniens reprennent encore les objections des Éléates sur le mouvement : le mouvement, disent-ils, est défmi un changement de lieu; mais le corps qui se meut est toujours en un lieu ; relativement à ce lieu, il est immobile : il est donc à la fois en mouvement et immobile, ce qui est une contradiction •*. Il est en effet

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