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difficile de saisir le moment où le mouvement se fait. On distingue relativement au mouvement, trois lieux : celui d'où il part, celui où il est, celui où il va i. Le corps n'est plus dans le premier, il n'est pas encore dans le troisième et il est toujours dans le second; il y est donc en repos. Ainsi le mouvement se forme de moments de repos ; et cependant, le mouvement existe et nous savons qu'il existe quoique nous ne puissions pas en donner une définition. Nous éprouvons la même difficulté à concevoir le changement ou le commencement de toute chose. Il y a un moment où le son n'est pas perceptible et un moment où il le devient. Les physiciens nous apprennent qu'il faut un certain nombre de vibrations du corps sonote pour rendre le son perceptible. Mais comment une vibration de plus peut-elle faire cesser le silence ; en quoi cette vibration difîèret-elle de celle qui l'a précédée? Prise à part elle ne serait pas perceptible : comment un élément imperceptible, ajouté à d'autres également imperceptibles, rendil le tout perceptible? Nous l'ignorons, et cependant le son existe et nous le percevons. Les questions sophistiques connues sous le nom du monceau et du chauve sont du même genre. Trois grains de blé ne sont pas un monceau, ni quatre, ni cinq, etc. A quel nombre précis le monceau commencera-t-il? Un cheveu enlevé à l'homme ne le rend pas chauve, ni dix, ni cent, etc. Qui indiquera le cheveu qui enlevé ou laissé fait que l'homme est ou n'est pas chauve? Qui pèsera le grain de lumière qui change la nuit en jour? Notre perception n'est pas assez fine pour saisir ces limites ; nous distinguons les objets les uns des autres à une certaine distance de la ligne qui les sépare; mais tous les commencements nous échappent. Ceux qui cherchent au-