Ibid., p. 24K
à. Voy. plus haut, t. 11, liv. VII, chap. ii, § 1.
par Kant sous le titre de catégories ne sont pas des conceptions pures ou des pensées qui, avant l'expérience, ne soient rien en deliors de l'esprit, La plupart sont les données de l'observation, comme Tunité corporelle, la pluralité, la relation du tout et des parties, saisies par les sens et la mémoire; l'unité spirituelle, la substance, l'identité, la causalité de l'âme, saisies par la conscience aidée aussi de la mémoire; l'existence actuelle connue à la fois par les sens extérieurs et la conscience. Quant à l'existence nécessaire, elle est perçue par la raison pure, en tant que réalité indépendante de l'esprit. Il n'y a que la croyance à l'existence possible qui avant l'expérience ne soit qu'une pure pensée et que l'expérience puisse changer en une connaissance; mais alors l'objet de l'idée se métamorphose : il n'est plus le possible, il devient le réel.
Il ne paraît donc pas que Kant ait justifié sa théorie sur les catégories ;nous avons vu que cette doctrine semblait sortie d'une phrase de Descartes. Ce philosophe avait eu effet posé que certaines idées nous étaient données a priori, pour s'appliquer soit à l'esprit, soit au corps, soit à l'union de l'esprit et du corps, mais il avait dit aussi : « Je distingue tout ce qui tombe sous notre connaissance en deux genres :1e premier contient toutes les choses qui ont quelque existence et l'autre toutesles vérités qui ne sont rien en dehors de notre pensée *. » Il aurait fallu s'attacher à cette distinction. Au lieu décela, Kant a de plus en plus développé la théorie scolastique du jugement et la doctrine cachée dans le premier passage de Descartes; il en a fait ressortir les conséquences et nous a mis à même de les retourner contreleprincipe,