Vernunftschluss
avec celle d'hommes, et cette proposition ne peut sortir de la première que par le moyen d'un jugement intermédiaire*. y>
Kant attribue donc à la raison ou au raisonnement une œuvre qui ne diffère qu'en degré d'avec celle de l'entendement. « De même, dit-il encore, que l'entendement ramène à l'unité la diversité des intuitions, de même la raison ramène à l'unité la diversité des principes de l'entendement -.... » Cependant le philosophe paraît ailleurs regarder le produit de la raison comme entièrement nouveau. « Toute notre connaissance commence par les sens et de là s'élève à l'entendement et finit par la raison, au-dessus de laquelle il n'y a rien en nous de plus élevé, pour travailler la matière de l'intuition et lui imprimer la plus haute unité de la pensée.... La raison a comme l'entendement un usage purement formel, c'est-à-dire logique, lorsqu'elle fait abstraction de la matière de la connaissance; mais elle a aussi un usage réel, lorsqu'elle fournit l'origine de certaines conceptions et de certains principes, qui ne viennent ni des sens ni de l'entendement ^. » Ces conceptions et ces principes sont-ils seulement l'unité nouvelle que le raisonnement imprime aux propositions fournies par l'entendement ?Le philosophe n'a pas pris le soin d'éclaircir cette question, et nous serons obligés de la laisser indécise.
Kant avance ici que la connaissance commence par les sens, quoiqu'il ait souvent répété que les conceptions de l'entendement sont dans l'esprit a priori avant toute expérience ; mais il ne faut pas oublier que ces conceptions ne sont pas pour lui des connaissances, et qu'elles ne le deviennent que par leur application à une intuition empirique ou sensitive. Voilà pourquoi il dit que les sens