‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 224 sur 261 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

pures de l'entendement, aucun objet ne peut être représenté, puisque les conditions de la réalité objective, qui ne sont fournies que par les sens, manquent alors entièrement, et qu'on ne trouve dans ces conceptions que les formes pures de la pensée. Toutefois, elles peuvent être représentées d'une manière concrète, lorsqu'on les applique aux phénomènes, car elles ont en elles l'étoffe qui convient à une conception expérimentale, qui n'est qu'une conception de l'entendement devenu concrète. Mais les idées (c'est le nom que le philosophe donne aux produits de la raison) sont bien plus éloignées de la réalité objective que les catégories, car on ne peut trouver aucun phénomène dans lequel elles se laissent représenter in concreto. Elles contiennent une certaine perfection à laquelle n'atteint aucune connaissance empirique, et la raison conçoit une unité systématique, de laquelle elle s'efforce de faire approcher l'unité de l'expérience, sans jamais pouvoir y réussir K »

Le caractère par lequel Kant distingue les conceptions de l'entendement d'avec les conceptions de la raison, c'est donc que les premières peuvent trouver un objet extérieur dans l'expérience et que les secondes en sont incapables. Si le raisonnement ne diffère du jugement qu'en degré, et si le premier engendre seulement une unité plus haute ou plus générale que le second, on doit s'étonner que l'auteur attribue au raisonnement un résultat qui, dit-il, ne vient ni des sens ni de l'entendement, et qui diffère des produits de ce dernier en ce qu'il ne peut s'appliquer à l'expérience. Mais il est tem^is de voir en quoi consistent ces conceptions originales de la raison.

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