Ibid., p
trer plus haut *, et il nous paraît que la raison à laquelle le philosophe allemand attribue cette idée ne diffère pas pour lui du raisonnement. Quant à l'unité absolue du sujet pensant, elle est saisie par la conscience et la mémoire, et si le raisonnement peut confirmer ici la découverte de ces deux facultés, c'est en s'appuyant sur elles. En conséquence, la notion de l'unité du moi est une notion expérimentale et non une connaissance a priori, donnant lieu à des propositions nécessaires, comme la notion de l'espace, du temps et de la substance active infinie.
Il est d'ailleurs difficile de voir comment la conception d'un sujet qui n'est point prédicat conduit à celle de l'unité de l'âme. C'est, au contraire, la découverte de l'unité de l'âme qui nous donne la première notion d'un sujet qui n'est point prédicat, parce qu'une chose simple et indivisible ne peut être l'attribut d'aucune autre.
« Le raisonnement hypothétique, dit notre auteur, parvient, de syllogisme en syllogisme, à l'inconditionnel dans une série de conditions données; » mais jamais un raisonnement hypothétique ne fournira une conclusion absolue ou inconditionnelle. Si l'auteur a voulu dire que c'est à propos des raisonnements hypothétiques que nous sentons le besoin intellectuel d'un principe sans condition, il est plus près de la vérité ; mais alors il ne faut pas attribuer cette découverte au raisonnement hypothétique lui-même. Quant au rapport que le philosophe établit entre le raisonnement disjonctif et ce qu'il appelle la conception de l'être des êtres, nous confessons que ce rapport nous échappe entièrement, et nous ne voyons pas qu'il ait pris beaucoup de peine pour le faire apercevoir. Il nous paraît donc que le rapport établi par Kant entre ce qu'il appelle les trois idées de la raison et les trois catégories de la relation est entièrement imaginaire.
• 1. Vov. Dlus haut. t. III. 1. X. ch. i. S? 7.
SSh LIVRE XI
Sans nous occuper davantage de cette liaison prétendue, nous examinerons séparément sa doctrine sur cliacune de ces trois idées. Il pense, comme nous l'avons déjà dit, quelles sont de pures conceptions sans objet extérieur; qu'elles diffèrent des conceptions de l'entendement en ce qu'elles ne peuvent rencontrer dans l'expérience ou l'intuition empirique un objet auquel elles puissent s'appliquer, et que cependant une illusion inévitable nous entraine à donner une réalité objective aux trois idées de la raison *.
Il fait à ce sujet une distinction entre le terme de Iranscendantal et le terme de transcendant. Il entend par le premier une 'conception qui, d'abord sans réalité extérieure, en trouve une dans l'expérience et s'y renferme, comme les conceptions de l'entendement, et parle second une conception qui, ne pouvant trouver de réalité dans l'expérience, prescrit à notre raison d'en dépasser les limites, et il voudrait consacrer ce dernier terme aux idées de la raison ; mais il n'est pas toujours fidèle à cette distinction, et il lui arrive souvent d'appliquer le mot de iranscendantal aux conceptions de la raison comme à celles de l'entendement -.
Les idées de la raison n'étant pour lui que des illusions, il donne à la première le nom de 'paralogisme, à la seconde celui &antinomie, et à la troisième celui ù' idéal ^.
§19. Des paralogismes de la psychologie rationnelle.
Les conceptions de la psychologie rationnelle sont les suivantes :
lo L'âme est une substance; 2o elle est simple ; 3» elle
1. Critique de la raison pure, édit. citée, p. 276, 283, 288.