‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 232 sur 261 · Voy. plus haut, t. II, 1. VI, ch. v, g · texte numérisé non relu

Voy. plus haut, t. II, 1. VI, ch. v, g

Antithèse. Il n'y a point de liberté, et tout dans le monde arrive d'après les lois de la nature.

Preuve de la thèse. Si tout arrive d'après les lois de la nature, chaque état en suppose un autre antérieur, il n'y a pas de premier commencement, et jamais la série des causes n'est complète.

Preuve de Vantithèse. S'il y a une liberté, il n'y a pas de loi constante, il n'est pas possible d'établir de principes sur l'expérience*.

A l'appui de la thèse de cette antinomie, nous dirons qu'il faut remonter de cause en cause à l'infini ou s'arrêter à une cause première, qui ne soit pas effet, se suffisant à elle-même pour se déterminer. Une cause se déterminant par elle-même est une cause libre comme notre volonté, et nous en prenons l'idée dans notre conscience. Puisqu'une seule cause éternelle et libre suffit à l'expUcation des phénomènes de ce monde, il n'est pas nécessaire de recourir à une série infinie de causes, dont la production successive multiplie à chaque pas les mystères^. La constance et l'uniformité des phénomènes de la nature ne répugne pas à celte cause unique; car il suffit de supposer que cette uniformité est conforme à sa volonté, et nous pourrons continuer d'établir les principes sur l'expérience ou de fonder sur elle les lois générales de ce monde. Nous croyons donc que sans recourir à aucune raison morale, on peut, par ce simple principe de la logique qu'il ne faut pas multiplier les êtres au-delà du besoin, donner ici la préférence à la thèse sur l'antithèse. Nous ajouterons cependant, que c'est surtout par des raisons prises de l'idée de la perfection divine, que nous réduisons à une seule cause éternelle et libre le pouvoir qui préside aux phénomènes

Page 1