‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 233 sur 261 · Voy. plus haut, t. II, 1. VI, ch. v · texte numérisé non relu

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de ce monde, et que si on laisse de côté la croyance à la perfection de Dieu, la préférence que nous donnons à une seule cause sur la série infinie des causes successives, n'a rien de nécessaire et n'a d'autre avantage que celui d'offrir à la pensée plus de commodité et d'écono- ■ mie. Notre croyance à l'unité d'une cause éternelle ne s'appuie donc pas, comme le dit Kant, sur l'idée de la vertu et sur la nécessité d'une récompense, mais sur l'idée de la peifection divine, qui n'est pas du nombre des raisons que le philosophe allemand range dans l'ordre moral.

La quatrième et dernière antinomie des idées cosmologiques est engendrée par la conception de l'être nécessaire.

Thèse. Le monde suppose un être absolument nécessaire, soit comme partie soit comme cause du monde.

Antithèse. Il n'existe point d'être absolument nécessaire ni dans le monde ni hors du monde.

Preuve de la thèse. Toute condition présuppose une série de conditions jusqu'à ce qu'on arrive à un être absolument inconditionnel, qui seul est nécessaire.

Preuve de l'antithèse. S'il y a quelque chose de nécessaire qui fasse partie du monde, la série des changements, quoique contingente daas chacun de ses éléments, est nécessaire dans son ensemble, ce qui est contradictoire; s'il y a quelque chose de nécessaire qui soit hors du monde, cet être existe sans cause, ce qui est contraire à la raison'.

La thèse est celle de la métaphysique ordinaire; l'argument qu'on lui oppose, c'est que si l'être nécessaire était dans le monde, la série des changements serait contingente dans ses éléments et nécessaire dans son ensemble, ou que si l'être nécessaire était hors du

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