‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 237 sur 261 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

l'idée de la sagesse'... L'idéal de la raison peut être déterminé par des règles a priori, quoiqu'il ne puisse se réaliser dans l'expérience, et que cette conception demeure toujours transcendante-, j

Cet idéal de la raison, auquel nous sommes conduits, suivant Kant, par le raisonnement disjonctif, est l'être primitif, duquel tous les autres découlent , l'être suprême, en tant qu'il n'a rien au-dessus de soi; l'être des êtres, en tant qu'il contient sous lui tous les êtres déterminés*. « La conception d'un tel être est celle de Dieu, pensé dans un sens transcendantal ; l'idéal de la raison pure est donc l'objet d'une théologie transcendantale^... Mais la raison pose cette conception sans prétendre que la réalité en soit donnée objectivement, et qu'elle constitue une chose en soi^ »

Ainsi , selon le philosophe de Kœnigsberg , nous n'avons de l'être des êtres ou de Dieu qu'une conception semblable à celle de l'idéal de la vertu, ou du triangle, et nous ne pouvons affirmer par celle idée l'existence de l'être suprême. Kant a été encore ici mis sur la voie par des guides fort accrédités. Descartes, saint Anselme, saint Augustin ont écrit que l'idée de l'être infini ne contient pas ou ne saisit pas d'abord la réalité de son objet, et est cependant une preuve que cet objet existe. Gassendi avait déjà remontré à Descartes que, si l'idée que nous avons de Dieu ou de l'infini est une idée semblable à celle du triangle de même que l'idée du triangle ne prouve pas l'existence extérieure du triangle, de même l'idée de l'infini ne prouve pas l'existence extérieure de l'être infini. Descartes aurait dû répondre que l'idée que nous

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