Voy. plus haut, t. II, p
croyance que la cause de ce monde est parfaite, et considérant que cette croyance ne peut se fonder sur aucune des preuves qu'on lui donne d'ordinaire pour appui, nous avons établi qu'elle est spontanée dans lintelligence de l'homme, et nous l'avons appelée la foi naturelle. Nous pensons donc, comme le philosophe allemand, que l'argument physico-théologique, qui conclut de l'ordre du monde à une cause de cet ordre, ne suffit pas pour nous conduire à l'idée d'un Dieu parfait, et nous disons avec lui : « L'harmonie du monde prouve un architecte du monde, en supposant que les choses n'ont pas d'ellesmêmes cette harmonie ; elle ne prouve pas un créateur qui ait une puissance, une sagesse, une bonté supérieure à celles qui se manifestent en ce monde.... Il n'y a pas de rapports entre la grandeur du monde et la toutepuissance, l'ordre du monde et la toute-sagesse ^... » Nous n'abandonnons pas pour cela l'idée de la perfection divine, nous la rapportons seulement à une autre source que celle qui lui est ordinairement attribuée.
§ 22. Des preuves morales de l'existence de Dieu.
Au lieu de regarder la croyance à la perfection de Dieu comme une foi naturelle, qui ne s'appuie que sur elle-même et qui a été mise en nous comme un principe, Kant suppose que si cette croyance ne peut sortir des preuves physiques ou métaphysiques de l'existence de Dieu, elle trouve un fondement suffisant dans les preuves morales, c'est-à-dire dans l'existence de la loi morale et dans l'idée du mérite et du démérite. 11 faut l'entendre sur ce sujet qui est la partie la plus originale, la plus claire et quelquefois la plus éloquente de son ouvrage. « Par la connaissance théorique, dit-il, je connais tout ce qui est; par la connaissance pratique, j'apprends ce