id., P.G
bien. Pour que le souverain bien s'accomplisse, il faut, en méritant le bonheur, pouvoir espérer qu'on l'obtiendra.... Lorsque la raison se met à la place d'un être qui a le pouvoir de départir aux autres la toute-félicité, elle juge qu'il l'accordera sous cette condition, que l'intention droite procurera la participation au bonheur et non que la recherche du bonheur fera l'intention droite. Dans ce dernier cas, l'agent ne serait pas honnête, il ne serait pas digne du bonheur.... Cette théologie morale a l'avantage sur la théologie spéculative , qu'elle nous conduit irrésistiblement à la conception d'un être unique, parfait et sage.... car si nous cherchons quelle est la puissance capable de nous imposer des lois obligatoires, il faut que nous supposions une seule volonté primordiale qui contienne en soi toutes ces lois. Comment, en effet, pourrions-nous trouver dans des volontés diverses la parfaite unité de vue qui apparaît dans les lois morales? Cette volonté unique doit être toute-puissante, afin que toute la nature et les rapports de cette nature avec la moralité soient en son pouvoir; toute sage, afin de connaître l'intérieur des cœurs et le mérite moral de chacun ; partout présente, afin de donner partout le secours que réclame la perfection du monde; éternelle, afin d'assurer l'harmonie de la nature et de la liberté, de la vertu et du bonheur, etc. '.... L'unité morale du monde conduit à l'unité finale de toutes choses..., et unit ainsi la raison pratique avec la raison spéculative. Le monde doit être conçu comme formé d'après une idée, s'il est en harmonie avec l'œuvre morale qui s'appuie sur l'idée du souverain bien. Par là toute recherche physique peut se diriger d'après un système de causes finales, et devient une physico-théologie 2.... C'est ainsi que la raison