‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 248 sur 261 · Voy. plus haut. t. II, 1. VI, ch. iv · texte numérisé non relu

Voy. plus haut. t. II, 1. VI, ch. iv

lisme subjectif des Éléates, qui regardaient toute pensée comme un phénomène purement intérieur, excepté celle de l'unité; ce ne sera pas l'idéalisme objectif de Platon^ qui ne donnait de véritable réalité qu'aux genres et aux espèces; ce sera un autre idéalisme objectif, réalisant, non plus les genres et les espèces, mais des êtres particuliers qui s'interposeront entre l'âme et les corps. Malebranche professe un idéalisme encore différent ; il entend par idée l'acte de l'esprit de Dieu lui-même, acte que nous voyons en Dieu quand nous croyons percevoir les corps ou que nous concevons les vérités nécessaires ^ Berkeley fait une distinction : l'idée que nous avons de l'âme et celle que nous avons de Dieu répondent à des réalités extérieures, mais l'idée des corps est purement subjective, et c'est Dieu qui la suscite en nous : les corps n'existent pas '. L'idéalisme de Berkeley est donc subjectif, mais partiel, et ne concerne que l'idée des corps. David Hume efface la distinction de Berkeley. Pour lui, toutes les idées sont subjectives, sans réalité extérieure, même l'idée de Dieu et l'idée de l'âme. Il supprime l'exception des Éléates en faveur de l'idée de l'unité : l'idéalisme de Hume est subjectif, ou plutôt, comme il n'existe pour lui ni corps, ni Dieu, ni âme, l'idée est la seule réalité, et l'idéalisme de Hume est réaliste, mais dans un autre sens que celui de Platon ^. Ce dernier entendait, en effet, par idée un genre, une espèce réelle qui se communiquait aux réalités particulières et qui était pour l'esprit un objet de connaissance : il n'y a pas lieu pour David Hume à distinguer dans l'idée le sujet et l'objet ; l'idée existe seule. Kant adopte l'idéalisme de Hume dans la théorie de la raison spéculative; mais il croit pouvoir en sortir par la théorie de la raison pra-

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