Ibid., t. II, ibi'l., S
tique, en supposant que l'idée de bien moral ou de devoir a seule la puissance de nous faire croire à une réalité objeciive. On voit donc les' difiérentes acceptions du mot idéalisme et les diverses fortunes de ce qu'on appelle les idées. L'idi-e de l'école d'Élée est un phénomène purement interne, sans modèle extérieur, excepté pour l'idée de l'unité. L'idée de Platon est une réalité extérieure qui se communique aux êtres particu- liers, pour leur donner l'existence. Vidée des scolasli" ques est une image représentative des corps; elle existe entre les objets et l'esprit. Vidée de Malebranche est un acte de l'esprit divin que nous contemplons en Dieu, Vidée de Berkeley est un phénomène de l'âme, donc Dieu est la cause. Vidée de David Hume est la seule réalité, elle existe sans Dieu, sans nature et même sans une âme qui la contienne. Kant n'est sorti de cet idéalisme qu'en admettant que la sensation nous fait saisir le monde matériel, et que la raison pratique nous met à même de croire au monde intellectuel et au monde divin. Les successeurs de Kant en Allemagne n'ont eu qu'à rétablir l'ancienne défiance de la philosophie contre la sensation, et à ne pas tenir compte des inductions morales de Kant, pour rétablir l'idéalisme dans toute son intégrité, et avancer que l'idée seule crée toutes les prétendues réalités extérieures, et qu'il n'y a rien de réel au monde que Vidée. David Hume l'avait déjà dit, avant l'Allemagne, avec plus de concision et plus de clarté.