Pensées, édit. Faug., t. II, p
changer de place, ils expriment tous deux la vue de ce même objet par le même mot, en disant l'un et l'autre qu'il s'est mu, et de cette conformité d'application du mot, on tire une puissante conjecture d'une conformité \ d'idées ; mais cela n'est pas absolument convaincant, quoiqu'il y ait bien à parier pour l'affirmative '. » Il pense que nous n'avons aucun critérium pour distinguer l'état de rêve de l'état de veille 2. Sur la perception de l'infini, il déclare que les lumières naturelles ne sont que ténèbres. « Parlons maintenant selon les lumières I. naturelles : s'il y a un Dieu, il est infiniment incompréhensible, puisque n'ayant ni parties, ni bornes, il n'a nul rapport à nous; nous sommes donc incapables de connaître ni ce qu'il est, ni s'il est. Gela étant, qui osera entreprendre de résoudre cette question? Ce n'est pas nous qui n'avons aucun rapport à lui ^. » Ce n'est pas seulement la perception d'un être infini que rejette Pascal, ce sont même les informations que nous donnent sur cet , être l'induction et la foi naturelle. « Je n'entreprendrai l' '. pas ici de prouver par des raisons naturelles ou l'existence de Dieu, ou la trinité, ou l'immortalité de l'âme, ni aucune des choses de cette nature; non-seulement parce que je ne me sentirais pas assez fort pour trouver dans la nature de quoi convaincre des athées endurcis, mais encore parce que cette connaissance sans Jésus- Christ est inutile et stérile.... C'est une chose admi- ' rable que jamais auteur canonique ne s'est servi de la nature pour prouver Dieu.... Ces personnes destituées de foi et de grâce qui recherchent de toute leur lumière i tout ce qu'elles voient dans la nature qui les peut métier I à cette connaissance, ne trouvent qu'obstacles et ténè- > bres ; dire à ceux-là qu'ils n'ont qu'à voir la moindre