Ibid., t. II, p. 1G
des choses qui les environnent et qu'ils y verront Dieu à découvert; leur donner pour toute preuve de ce grand et important sujet le cours de la lune et des planètes, et prétendre avoir achevé sa preuve avec un tel discours, c'est leur donner sujet de croire que les preuves de notre religion sont bien faibles ^... »
Pascal s'élève aussi contre les conceptions idéales, et il essaye de renverser les fondements de la géométrie et de la morale. î Qui ne voit que les principes qu'on propose pour les derniers ce se soutiennent pas d'euxmêmes, et qu'ils sont appuyés sur d'autres qui en ayant d'autres pour appui, ne souffrent jamais de dernier 2. » Sans revenir sur ce que Pascal a dit de la morale et sur ses contradictions à ce sujet que nous avons déjà signalées, nous rapportons sa conclusion qui rejette l'existence de nos principes naturels. « Qu'est-ce que nos principes naturels, sinon nos principes accoutumés, et dans les enfants, ceux qu'ils ont reçus delà coutume de leurs pères, comme la chasse dans les animaux ? Une différente coutume donnera d'autres principes naturels. Cela se voit par expérience, et s'il y en a d'ineffaçables à la coutume, il y en a aussi de la coutume ineffaçables à la nature. Cela dépend de la disposition. Les pères craignent que l'amour naturel des enfants ne s'efface. Quelle est donc cette nature sujette à être effacée ? La coutume est une seconde nature qui détruit la première ; pourquoi la coutume n'est-elle pas naturelle? J'ai bien peur que cette nature ne soit elle-même qu'une première coutume, comme la coutume est une seconde nature '. »
Pascal semble quelque part vouloir justifier les opinions populaires *, mais l'ironie perce dans sa louange,