‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 251 sur 261 · cavoi · texte numérisé non relu

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une connaissance des principes les plus élevés * ; mais il applique ces différentes facultés à des choses qui ne leur appartiennent pas, comme par exemple, la croyance aux objets des sens extérieurs. Ceux-ci lui paraissent incapables de fournir aucune connaissance. Les objets saisis par la conception idéale ontà sesyeuxuneexistence indépendante de la pensée ; les genres et les espèces ou les qualités générales, sont aussi pour lui des réalités distinctes des objets particuliers, et saisies, comme 1 être éternel lui-même, par la faculté supérieure de connaître^. Aristote admet dans la raison des divisions, comme le chef de l'Académie-, mais il enseigne que la faculté la plus élevée^ ne fait que combiner, généraliser et étendre à l'avenir par la croyance* les éléments particuliers fournis par les sens. C'est à lui que se rattachent, dans les temps modernes, Gassendi, Hobbes, Locke et Condillac, comme c'est à Platon que se relient Descartes, Arnauld, Nicole, Malebranche, Bossuet, Leibniz, Fénelon et Reid, malgré les caractères qui les distinguent de leur maître commun et qui les séparent les uns des autres.

Descartes partage le mépris de Platon pour les sens extérieurs : la raison seule, à son avis, fournit des connaissances, et, pour les produire, elle se tourne tantôt vers les empreintes que les objets extérieurs déterminent sur le cerveau, tantôt vers elle-même. Dans le premier cas, elle conçoit les idées adventices des qualiiés que nous attribuons aux corps; dans le second, elle prend le nom de raison pure, et elle conçoit des idées spontanées, dont les unes s'appliquent à un objet existant en dehors de la pensée, comme le moi, la substance en général, l'infini et même les figures géométriques, et

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