id., t. II, p. 89, 103 et
lion qu'on lui annonce? Fides ex auditu, la foi vient par l'oreille; et on lui défend de se fier à ses oreilles; on lui montre les témoins, mais on ne veut pas qu'il se fie à ses yeux. Quand vos enseignements rempliraient toute sa vie, il les prendrait pour un songe, car vous l'avez dit tout à l'heure : la vie est un songe un peu moins inconstant. Vous lui parlez d'un Dieu souverainement intelligent, mais c'est par sa conscience qu'il a l'idée de l'intelligence, et vous niez la sincérité de sa conscience ; d'un Dieu infini, mais vous dites que ce Dieu, n'ayant ni parties ni bornes, n'a nul rapport à nous, et que vous n'entreprendrez pas de résoudre la question de l'existencedc rDieu, vous qui n'avez aucun rapport avec lui. Pascal avance, il est vrai, que la religion chrétienne ne peut / pas se prouver par la raison, et que l'on devient chrétien -par une illumination intérieure et surnaturelle. « Qui blâmera donc les chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur créance, eux qui professent une religion dont ils ne peuvent rendre raison? Ils déclarent, en l'exposant au monde, que c'est une sottise, stuUitiam, et puis vous vous plaignez de ce qu'ils ne la prouvent pas? S'ils la prouvaient, ils ne tiendraient pas parole. C'est en manquant de preuves qu'ils ne manquent pas de sens *. »
Mais cette grâce surnaturelle qui seule fait le chrétien n'exclut pas les voies naturelles ; au contraire, elle les suppose. Pour croire que l'Écriture est divine, il faut savoir que l'Écriture existe, et pour cela admettre que les sens nous donnent des perceptions véritables. Il faut aussi qu'on se forme naturellement l'idée de la divinité, pour comprendre le mot de Dieu, que la révélation fait résonner à notre oreille. Aussi Pascal, tout en affirmant que la religion chrétienne ne se prouve pas, essaye-t-il d'en donner lui-même des preuves : f Les hommes,