‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 30 sur 261 · Ibid., t. II, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. II, p

croire à une religion, il ne suffit donc pas de dire qu'on s'expose à un malheur infini en ne la croyant pas. Avant de faire admettre que Dieu punira ceux qui seront infidèles à cette doctrine, il faut prouver qu'elle vient de Dieu.

Pascal dit encore ailleurs : « Vous voulez aller à la foi, fit vous n'en savez pas le chemin.... Apprenez-le de ceux qui ont été liés comme vous, et qui parient maintenant tout leur bien. Ce sont gens qui savent ce chemin que vous voudriez suivre, et guéris d'un mal dont vous voulez guérir. Suivez la manière par où ils ont commencé : c'est en faisant tout comme s'ils croyaient, en prenant de l'eau bénite, en faisant dire des messes, etc.... Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira *. » C'est la plus cruelle injure que Pascal pût faire à la religion qu'il voulait propager, et nous doutons que les superstitions les plus grossières des temps barbares eussent été satisfaites d'une pareille préparation. Arnauld et Nicole, qui ont corrigé les pensées de Pascal, ont adouci l'expression de l'auteur; ils ont dit : « Suivez la manière par où ils ont commencé, imitez leurs actions extérieures, si vous ne pouvez encore entrer dans leurs dispositions intérieures^. » Mais le fond de la pensée est le même ; ils permettent aussi que l'on commence par l'hypocrisie. On découvre avec étonnement que ces austères ennemis des molinistes tolèrent les fraudes pieuses, et l'on comprend que les deux partis contraires se soient trouvés d'accord dans leur déchaînement contre le poëte qui a mis sur la scène la satire de l'hypocrite.

Mais si parmi les raisons que Pascal a données à l'appui delà reUgion chrétienne, quelques-unes se sont trouvées mauvaises, il n'en a pas moins reconnu qu'il fallait

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