‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 31 sur 261 · Ibid., édit. Didot, 1817, t. II, p · texte numérisé non relu

Ibid., édit. Didot, 1817, t. II, p

donner des raisons, et, en conséquence, il a contredit lui-même son mépris de la raison humaine. Aussi, trouverons-nous dans ses Pensées des passages qui reconnaissent formellement la légitimité des sens, de la conscience, et de ce que nous appelons l'intuition pure extérieure et les conceptions idéales. « Quand on veut, dil-il, reprendre avec utilité et montrer à un autre qu'il se trompe, il faut observer par quel côté il envisage la chose, car elle est vraie ordinairement de ce côté-là, et lui avouer cette vérité, mais lui découvrir le côté par où elle est fausse; il se contente de cela, car il voit qu'il ne se trompe pas, et qu'il manquait seulement à voir tous les côtés. Or, on ne se fâche pas de ne pas tout voir, mais on ne veut pas s'être trompé; et peut-être que cela vient de ce que naturellement on ne se peut tromper dans le côté qu'on envisage, comme les appréhensions des sens sont toujours vraies ^. î Voilà un aveu en faveur des sens extérieurs; en voici un en faveur de la conscience. « L'on écrit souvent des choses que l'on ne prouve qu'en obligeant tout le monde à faire réflexion sur soi-même, et à trouver la vérité dont on parle 2. » Pascal reconnaît les intuitions de l'entendement pur dans un passage où il met au nombre des choses claires et des termes évidents d'eux-mêmes, l'espace, le temps et le mouvement ^■, et lui qui ne voulait point parler de la cause infmie parce qu'il la trouvait sans rapport avec nous, prononce ces belles paroles : « Croyez-vous qu'il soit impossible que f/] Dieu soit infini, sans parties? — Oui. — Je vous veux ' donc faire voir une chose infinie et indivisible : c'est un I point se mouvant partout d'une vitesse infinie; car il est j en tous lieux et est tout entier en chaque endroit *. » — ^

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