‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 32 sur 261 · Ibid., t. II, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. II, p

Après avoir refusé les informations que nous donnent sur Dieu l'induction et la foi naturelle, Pascal ouvre les yeux à ces lumières. « La nature a des perfections pour montrer qu'elle est l'image de Dieu, et des défauts pour montrer qu'elle n'en est que l'image ^ » Il reconnaît ici que les beautés de la nature font germer en notre esprit l'idée de Dieu, mais que ce germe une fois fécondé s'y développe par les forces de notre entendement beaucoup au delà de l'étendue que lui avait donnée ce spectacle de la nature 2.

Le même écrivain, qui reprochait à la géométrie de ne pouvoir montrer des principes derniers au-delà desquels on ne pût remonter, a écrit cette excellente page : « On trouvera peut-être étrange que la géométrie ne puisse définir aucune des choses qu'elle a pour principaux objets; car elle ne peut définir ni le mouvement, ni le nombre, ni l'espace, et cependant ces trois choses sont celles qu'elle considère particulièrement et selon la recherche desquelles elle prend ces trois difi"érents noms ie mécanique, d'arithmétique, de géométrie, ce dernier nom appartenant au genre et à l'espèce. Mais on n'en sera pas surpris, si l'on remarque que cette admirable science ne s'attachant qu'aux choses les plus simples, cette même qualité qui les rend dignes d'être ses objets les rend incapables d'être définies; de sorte que le manque de définition est plutôt une perfection qu'un défaut, parce qu'il ne vient pas de leur obscurité, mais au contraire de leur extrême évidence^.... »

Comment le philosophe qui avait un si vif sentiment de l'évidence, a-t-il pu s'écrier : « Je ne puis voir sans joie la superbe raison si invinciblement froissée par ses propres armes. » Pourquoi le spectacle d'une faiblesse

Page 1