‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 34 sur 261 · Pensées, édit. Faug., t. I«'-, p. 9C · texte numérisé non relu

Pensées, édit. Faug., t. I«'-, p. 9C

souffrances physiques, rempli d'une sombre mélancolie, y effrayé par des visions qui lui montraient des abîmes ouverts sous ses pas, disposé par ces défaillances du cœur à l'effroi plutôt qu'à l'amour delà divinité, il voulait ] renouveler l'offrande des victimes humaines, et sous une / forme plus barbare encore, puisqu'au lieu du corps il ' immolait la raison. C'était le temps où, s'applaudissant ^ de sentir diminuer son intelligence, il disait : « En écri- ^, , vant ma pensée, elle m'échappe quelquefois; mais cela me fait souvenir de ma faiblesse, que j'oublie à toute .^ heure; ce qui m'instruit autant que ma pensée oubliée, ^^ car je ne tends qu'à connaître mon néant'; » et où il ajoutait : « Si j'avais le cœur aussi pauvre que l'esprit, je serais bien heureux, car je suis merveilleusement persuadé que la pauvreté est un grand moyen pour faire son salut ^. » Les autres pensées appartiennent à un âge plus heureux : elles sont détachées de ces beaux livres que Pascal écrivait sur les sciences physiques, alors que marchant dans la route ouverte par Descartes, exécutant des expériences dont l'une lui avait été indiquée par ce grand homme ^, il défendait la raison individuelle contre l'ascendant de l'antiquité, contre l'autorité du grand nombre, vengeait les inventeurs des accusations de la foule *, et, augmentant pour sa part le nombre des découvertes, contribuait au bien-être de ses semblables et f au progrès de l'esprit humain. Il y a donc deux hommes dans Pascal : d'un côté le savant laborieux, le novateur indépendant, qui cherche la vérité et qui la trouve; de l'autre le dévot excessif, qui ferme volontairement les

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