‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 38 sur 261 · La Lorjique eu l'Art dépenser, 5" édit., p · texte numérisé non relu

La Lorjique eu l'Art dépenser, 5" édit., p

qui se fonde en toute matière sur le consentement uni- f/ versel, comme une partie de ce qu'ils appellent le sophisme de V autorité *.

Examinons dans quelle circonstance l'autorité du nombre influe sur notre jugement, et quelle est la valeur de cette influence. Cette autorité n'a pas d'action sur notre perception. Les sens, dit-on, nous trompent et se contredisent. Dans le cas où ils s'accorderaient, un sixième sens pourrait troubler leur accord. Avec des sens différents, nos sensations seraient différentes. Suisje même certain que je sens ? Le rêve ne me donne-t-il pas pour des sensations réelles de trompeuses apparitions -. Nous avons montré que les sens ne nous trompent point, qu'ils ne sont pas en désaccord, parce qu'ils ne perçoivent pas le même objet; qu'un sixième sens ne contredirait par les autres, mais percevrait un sixième objet; que nous devons leur demander seulement le rapport des objets avec nos organes; que conséquemment des instruments différents nous donneraient des sensations différentes, mais tout aussi réelles que celles de notre organisation actuelle; enfin que la nature nous fait directement distinguer le rêve d'avec l'état de veille. Mais si cette accusation était juste, elle tomberait sur l'humanité tout entière^ et, par conséquent, sur le témoignage général, qui n'aurait aucun titre à relever l'erreur de personne.

L'auteur, dans la défense de son livre, suppose un dialogue entre un cartésien et un fou qui se croit Descartes : chacun des interlocuteurs en appelle à l'évidence et à sa raison individuelle, et l'auteur triomphe de ce que l'un ne peut persuader l'autre •^. Mais comme, après avoir essayé de convaincre d'erreur chaque individu, il

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