‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 40 sur 261 · Essai sur l'indifférence, édit. citée. , t. 11, p · texte numérisé non relu

Essai sur l'indifférence, édit. citée. , t. 11, p

Ce que nous disons de la conscience, nous le disons de la mémoire, qui nous atteste notre existence passée, et de l'intuition de l'esprit, qui nous fait saisir l'infini. Si nous ne possédons pas ces connaissances par nous-mêmes, le sentiment général qui ne nous parvient que par la parole ne pourra nous en fournir aucune idée.

Le consentement universel est sans autorité sur nos perceptions, il n'en a pas davantage sur nos conceptions. Si mes réminiscences sont incomplètes, le témoignage général ne peut l'emplacer celles qui me manquent. Qu'importe qu'il se souvienne à ma place, son souvenir n'est pas le mien. Il peut sans doute être l'occasion d'un réveil de ma mémoire, mais tant qu'elle restera endormie, je pourrai croire, je ne connaîtrai pas. Après les réminiscences, viennent les conceptions idéales. « La géométrie, poursuit-on, repose, comme toutes les autres sciences, sur le consentement commun. De distance en distance et dès les premiers pas, la raison est arrêtée par des difficultés insurmontables*,... » Les difficultés dont il s'agit ici sont : 1° le défaut de démonstration pour les principes de la géométrie, 2° la divisibilité à l'infini qu'il faut concilier avec l'étendue continue. Si ces difficultés sont insurmontables, elles le sont aussi pour le consentement commun, qui, dit on, est la base de la géométrie. Si, comme nous l'avons fait voir, elles peuvent se surmonter, la raison individuelle en vient à bout, comme la raison commune, puisque la raison commune n'est que la somme de toutes les raisons individuelles. Quant à la conception morale, i le sentiment du vrai et du faux, du bien et du mal, varie, dit-on, selon les circonstances, les intérêts, les passions -. » Comment de

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