‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 46 sur 261 · Joseph de Maislre · texte numérisé non relu

Joseph de Maislre

2. Du pape, édit. 1841, p. 11, 13, 21, 21, 78, 81, 90, 9i, 93, 131,

que leurs décisions sont plus lentes, plus embarrassées, qu'elles se déjugent les unes les autres, qu'en multipliant les voix on ne multiplie pas nécessairement les lumières; et que les assemblées peuvent être aussi despotiques que le chef le plus absolu. Cependant il faut reconnaître que, dans les matières de pure croyance, un instinct nous pousse à nous ranger du côté du plus grand nombre. La Providence, comme nous l'avons déjà fait observer, a voulu sans doute donner plus d'unité à l'espèce humaine, en ne lui permettant de changer d'opinion que par masses et pour ainsi dire d'un mouvement d'ensemble. Bien que le sentiment de la pluralité ne nous donne pas de certitude, nous inclinons plus de ce côté par noire nature que vers l'opinion d'un seul.

Les motifs que donne l'auteur en faveur de ce chef auquel nous devrions soumettre notre jugement sont pris de la nécessité de décider les questions, de les décider promptement et d'une manière souveraine et irrévocable ^ Ce qu'il recherche par-dessus tout c'est l'ordre, la règle et la paix; ce qu'il déteste c'est l'anarchie, le désordre et la guerre; quant à la vérité, à la justesse de la décision, à la pureté même de la foi, l'auteur en a peu de souci. « Notre intérêt, dit-il, n'est pas qu'une question de métaphysique divine soit décidée de telle ou telle manière, mais qu'elle le soit sans retard et sans appel ^. » Peut-on avoir plus de mépris pour les dogmes d'une religion qu'on veut faire prévaloir? Il n'a pas plus de respect pour le chef dont il essaye d'élablir l'autorité. Il ne lui accorde qu'une infaillibilité de convention, dont personne n'est la dupe. « Aucune promesse divine n'aurait été faite au pape qu'il ne serait pas moins infaillible.... C'est la même chose dans la pratique d'être

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