‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 47 sur 261 · Ihid., p. inO · texte numérisé non relu

Ihid., p. inO

^ ^ infaillible ou de se tromper sans appel '. « Ce chef peut librement abuser de son pouvoir parce que cet abus n'égalera jamais les maux qui résultent de la révolte ^j il peut être dissolu, parce que ses excès n'empêcheront pas de poursuivre les scandales publics dans ses tribunaux '. Il n'est donc pas question ici de la légitimité des jugements de ce maître. L'auteur ne cherche pas à l'établir et nous n'avons pas à la combattre. Ce qu'il demande c'est une décision quelconque, pourvu qu'elle soit une décision et qu'elle soit prompte. Nous ferons observer seulement que, dans sa haine des révolutions, qui, dit-il, commencées par les plus sages sont toujours terminées par les fous, il enveloppe, lui chrétien, la révolution qui a fondé le christianisme; et que, si la religion païenne avait eu l'organisation qu'il veut établir dans la rehgion catholique, nous verrions sur le trône de I Rome le grand pontife de Jupiter. Nous répétons que

/ / nous n'avons pas l'intention d'établir ici une discussion théologique, ni de prononcer entre ceux qui, d'après les textes sacrés, soumettent les conciles au pape, et ceux qui, en s'appuyant sur les mêmes textes, soumettent les papes aux conciles ; nous voulons seulement établir que, dans l'ordre naturel, il est impossible de prouver la supériorité de la décision d'un seul sur la décision de laplura- Uté ; non pas que celle-ci soit assurée de la certitude, mais parce que, si un grand homme a souvent raison contre la foule, rien ne nous garantit que celui que nous aurons choisi pour juge unique soit précisément ce grand homme. L'ardent défenseur de l'unité du juge a lui-même obéi à la pente naturelle et a souvent senti le besoin de justifier par le suffrage du plus grand nombre les arrêts du maître souverain. « Les papes, dit-il, n'ont jamais pré-

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