‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 48 sur 261 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

tendu gouverner sans lois'. » Ceci contredit ce qu'il avait dit d'abord : « Si le pape doit juger suivant les canons, qui jugera qu'il a jugé suivant les canons * ?» Il ajoute : <s. On demande qui arrêtera le pape : aux catholiques, je réponds : Dieu; aux autres, je réponds : tout, les canons, les lois, les coutumes, les souverainetés, la prescription, les représentations, le devoir, la crainte, la prudence, et par-dessus tout, l'opinion reine du monde ^. » Nous voilà bien loin de cette suprématie qu'on voulait attribuer au juge unique; le souverain trouve un maître à son tour, et il le trouve dans ce sentiment général qu'on voulait rejeter, dans V opinion qu'on avait méprisée d'abord, et qu'on proclame maintenant la reine du monde. Ailleurs il triomphe de ce qu'aucune bulle n'a été contredite par un concile universel, et de ce que l'Église ne s'est jamais encore révoltée contre aucune décision dogmatique du saint-père *, confirmant ainsi par l'autorité du plus grand nombre celle du chef de la doctrine. Quoiqu'il ait attribué à ce maître une infaillibilité de droit, sinon de fait, il se permet de condamner lui-même, sous la couleur d'une approbation ironique, les décisions de deux papes : « Clément XIV et Pie VI, dit-il, ont cessé de publier la bulle in Cœna domini chaque année; puisqu'ils l'ont fait, ils ont bien fait. Mais je ne vois pas que l'Europe y ait rien gagné ^. » Oubliant le mépris qu'il a versé sur l'opinion de la multitude, sur les peuples « qui possédant pour leur malheur l'Écriture sainte en langue vulgaire s'avisent de la lire, et de l'interpréter ®; > il s'exalte à l'idée de l'ascen-

Page 1