J6id.,p
dant qu'obtiendrait la foi romaine, si l'Angleterre et la France la professaient toutes les deux, ce Ah! si jamais, s'écrie-t-il, la même foi parlait seulement anglais et français, en un clin d'oeil l'obstination contre cette foi deviendrait dans toute l'Europe un véritable ridicule, et, pourquoi ne le dirais-je pas, un mauvais ton '. » Enfin, par une contradiction dernière et plus criante que les autres, il dit encore : « La vérité tient évidemment à cette qualité de catholique". » Que le défenseur du suffrage universel mette le signe de la vérité dans la catholicité ou l'universalité d'une opinion, cela est conséquent; mais celui qui soumet les opinions de tous à l'opinion d'un seul, qui déclare qu'un seul a raison et que tous les autres ont tort, doit peu s'inquiéter de voir confirmer par l'assentiment général la décision du chef suprême qu'il essaye d'établir; car s'il attache quelque importance à l'opinion de la multitude, ce n'est plus la décision du chef qui justifie l'opinion des autres, c'est cette opinion qui justifie l'opinion du prétendu maître, et qui est la véritable souveraine.
Il est donc impossible d'établir en fait, ni en droit, la supériorité du jugement d'un seul sur le jugement du plus grand nombre. Mais en montrant que notre nature nous porte à recevoir l'opinion de la pluralité, et que le défenseur du juge suprême a obéi lui-même à ce penchant, nous ne prétendons pas établir que le sentiment du plus grand nombre soit équivalent à la certitude. Nous rappelons la distinction que nous avons faite entre les connaissances et les croyances : sur les premières, l'opinion d'autrui est sans pouvoir, et c'est là le domaine de la certitude; sur les secondes, au contraire, l'opinion ou la croyance d'autrui est très-puissante, et cette puis-