La Logique, éd. citée, p
fois la prudence, et quelquefois la pesanteur de l'esprit '. »
Comme il y a des signes équivoques, il y a des mots qui de leur nature sont ambigus, soit qu'ils aient été formés par figure, soit qu'ils viennent de ces imperfecr lions qui, dans toutes les langues, créent par exemple des homonymes. Une source abondante de sophismes ou de paralogismes est l'abus que l'on fait de l'ambiguïté des mots, ce qu'on appelle dans la logique le sophisme de la figure de diction 2. Cet abus peut se faire en diverses manières. « Ce serait mal raisonner que de dire : l'homme pense; or Thomme est composé de corps et d'âme : donc le corps et l'âme pensent^. » En effet, lorsqu'on dit : l'homme pense, on veut dire l'âme de l'homme pense ; le mot homme n'a donc pas le même sens dans la première proposition, où il signifie l'âme, que dans la seconde où il signifie l'homme tout entier. Une des dictions les plus communes est celle qui prend un mot dans un sens divisé ou dans un sens composé. « Jésus-Christ dit dans l'Évangile, en parlant de ses miracles : Les aveugles voient, les boiteux marchent droit, les sourds entendent. Cela ne peut être vrai qu'en prenant ces choses séparément et non conjointement, c'est-à-dire dans le sens divisé et non dans le sens composé ; car les aveugles ne voyaient pas, demeurant aveugles, et les sourds n'entendaient pas, demeurant sourds.... Il y a, au contraire, des propositions qui ne sont véritables qu'en un sens opposé à celui-là; comme quand saint Paul dit que les médisants, les fornicateurs, les avares n'entreront point dans le royaume des cieux; car cela ne veut pas dire que nuls de ceux qui auront ces vices ne seront sauvés,