Ab antecedentibus, ab adjunctis, a consequentibus
peuvent se rattacher au meurtre que comme cause, effet ou signe.
Les lieux extérieurs ou extrinsèques sont : 1° Le sentiment du genre humain ou celui des sages, les lois et le?, arrêts; 2o les actes publics, la renommée et les témoignages précis ; le terme moyen est une classe appuyée sur une ou plusieurs de ces autorités par exemple :
Les actes justifiés par le sentiment du genre humainy sont légitimes.
Repousser la force par la force est un acte justifié par le sentiment du genre humain.
Repousser la force par la force est un acte légitime.
L'autorité du sentiment universel repose sur l'une de nos croyances; l'argument par l'autorité n'est donc jamais que probable. L'autorité du genre humain appuie une maxime ou une vérité générale, l'autorité d'un acte ou d'un témoignage n'appuie que l'existence d'un événement particulier; la première fonde une vérité de droit, la seconde une vérité de fait. Dans ce dernier cas, le terme moyen est une classe de faits, dont la vérité repose sur un acte public, un témoignage précis, etc. Par exemple :
Ce qui est attesté par des témoignages précis est un objet de certitude morale.
La mort de cet homme est attestée par des témoignages précis :
La mort de cet homme est un objet de certitude morale.
La relation du moyen à l'un des termes de la conclusion se fonde ici sur notre croyance inductive, aussi ne donnet-elle lieu qu'à un argument probable.
De même qu'on prouve affirmativement, quand le moyen convient aux deux termes de la conclusion, de même on prouve négativement quand le moyen convient à l'un des deux termes et non à l'autre. On fait alors ce qu'on appelle dans les traités de logique l'argument
par la dissemblance, par le contraire et par la répugnance*. »
g 6. Le raisonnement ne dérive pas d'une faculté spéciale.
Maintenant que nous avons déterminé le rapport du moyen aux termes de la conclusion, il est facile de voir que le raisonnement ne dérive pas d'une faculté spéciale de l'intelligence. Le raisonnement contient trois termes qui sont le sujet et l'attribut de la conclusion, plus un terme moyen qui les unit l'un à l'autre. Unir une idée à une autre est ce qu'on appelle juger; le raisonnement ne se compose donc que de jugements, et nous avons vu que le jugement est un nom commun qui convient aux actes de toutes nos facultés intellectuelles, excepté à la réminiscence. Les jugements sont ou primitifs ou ultérieurs; les jugements ultérieurs décomposent les objets des jugements primitifs, ou en augmentent la composition. Les jugements primitifs n'ont pas besoin du secours de la mémoire; les jugements ultérieurs ne peuvent s'en passer; le raisonnement, qui est une combinaison de jugements, contient donc nécessairement des actes de mémoire.
Quels sont les motifs qui ont fait croire que le raisonnement était une faculté spéciale de l'esprit? On a dit : « Les hommes sont tous à peu près égaux sous le rapport des premiers jugements; mais ils présentent une inégalité extrême pour la manière dont ils raisonnent : le jugement et le raisonnement n'étant pas en proportion l'un de l'autre et pouvant même se séparer, on doit donc les attribuer à des facultés différentes. » En posant les règles de la méthode qui convient à l'étude de l'esprit humain, nous avons établi que les actes de l'esprit pré-