‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 64 sur 261 · Nuturœ non imperatur nisi parendo · texte numérisé non relu

Nuturœ non imperatur nisi parendo

2. Voy. Bossuet, De la connaissance de Bien et de soi-même chap. I", § 15.

Les arts intellectuels comprennent : 1° La médecine, 1 ' qui applique la physiologie et ses dépendances, la pathologie et la thérapeutique à tel homme en particulier sur lequel elle veut agir. 2° La logique, dont l'objet propre est la méthode, ou la formation et la transmission des sciences. Cetart'ases fondements dans la psychologie qui fait connaître la nature et la marche des facultés intellectuelles. 3° La grammaire, la rhétorique, et la poétique; toutes les trois s'appuient encore sur les connaissances fournies par la psychologie. 4° Les beauxarts proprement dits, ou l'éloquence, la poésie, la musique, l'architecture, la statuaire et la peinture. Les beaux-arts n'emploient les objets sensibles que pour toucher l'âme; si par leurs instruments ils relèvent des sciences physiques, par leur but ils relèvent bien plus encore de la psychologie. 5' L'arithmétique et la géométrie pratiques, qui appliquent aux objets sensibles les conceptions pures de l'esprit. 6° Enfin la morale pratique . et la politique, qui font servir à la conduite des hommes les vérités découvertes par la psychologie et la morale spéculative. La politique ne doit pas se séparer de l'économique ou de l'économie politique, à laquelle il appartient de régler l'agriculture, l'industrie et le commerce de manière à procurer la plus grande somme et la meilleure distribution des biens.

g 5. De l'imagination.

Les arts appartiennent au domaine de l'imagination. Il est intéressant pour nous de rechercher si l'imagination qui s'applique aux arts contient quelque élément intellectuel que nous n'ayons pas encore remarqué.

Le mot d'imagination a beaucoup d'acceptions diverses ; la plus ancienne et peut-être encore la plus ordinaire lui fait signifier la réminiscence d'un objet sensible.

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Voici commenl Bossuet expose sur ce sujet la théorie commune ; « La seconde chose qu'il faut observer dans les sensations, c'est qu'après qu'elles sont passées, elles laissent dans l'âme une image d'elles-mêmes et de leurs objets : c'est ce qui s'appelle imaginer. Que l'objet coloré que je regarde se relire, que le bruit que j'entends s'apaise, que je cesse de boire la liqueur qui m'a donné du plaisir, que le feu qui m' échauffait soit éteint et que le sentiment du froid ait succédé si vous voulez à la place, j'imagine encore en moi-même cette couleur, ce bruit, ce plaisir et cette chaleur i.... »

C'est dans cette première acception qu'on dit : une imagination vive, pour exprimer celle qui se représente fortement les objets corporels avec leur forme, leur couleur, leur son et toutes leurs qualités sensibles, imagination qui doit se trouver dans un orateur, dans un poëte, dans un musicien, dans un peintre, sans préjudice des autres genres d'imagination dont nous aurons à parler. Le poëte Delille a fait un ouvrage sur l'imagination, où il ne traite guère que de cette vive réminiscence qui replace les objets absents devant nos yeux. Assis devant son foyer, le poëte contemple le chêne qui brûle; il le redresse dans son esprit, lui rend ses rameaux et son feuillage, les oiseaux qui l'animaient de leurs chants, les voyageurs qu'il abritait et les entretiens qu'il a couverts de ^on ombrage. Le poëte, en imaginant, n'a fait que se ressouvenir.

On emploie aussi le mot d'imagination pour exprimer ce que nous avons appelé l'induction, et particulièrement l'induction qui n'est pas confirmée par l'expérience. Les faux systèmes sur les causes des phénomènes delanature physique ou intellectuelle, sont, en ce sens, les fruits de l'imagination. Ainsi les physiciens, avant Galilée, ima-

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