Mt/Ji(7£«5. La Poétique, chap. il
dit être et qu'elles paraissent, ou enfin telles qu'il faut qu'elles soient ^ » Représenter les choses ou les hommes tels qu'ils sont ou ont été, c'est imiter; mais les représenter supérieurs à la réalité ou tels qu'ils doivent être, ce n'est plus de l'imitation. Le mot employé par Ai'istote ne signifie donc pas l'imitation, mais la représentation. On se convaincra davantage encore de cette vérité, si l'on considère qu'Aristote assigne aux poètes, comme leur domaine particulier, le merveilleux, la fiction, les choses qui passent la raison 2. Tout cela excède les bornes étroite de l'imitation.
Cependant l'opinion que tous les beaux-arts ne sont que des imitations de la nature n'en a pas moins prévalu dans beaucoup d'esprits, et des vers d'Horace, mal lus ou mal compris, ont servi à l'entretenir. On a fait un proverbe d'un fragment de vers où le poëte paraît dire que la poésie doit ressembler à la peinture. Mais il n'a pas voulu faire une complète assimilation de la peinture et de la poésie; il a seulement appliqué à la seconde une règle qui convient à la première. « la poésie est comme la peinture, dil-il : il est une certaine poésie qui nous plaît d'autant plus que nous la regardons déplus près; il en est une autre qui veut être vu^ de loin. Celle-ci aime l'obscurité; celle-là demande à être regardée en pleine lumière, parce qu'elle ne craint point l'œil perçant du juge *. » Le critique s'autorise donc de l'exemple des peintres et il le propose aux poètes ; mais il n'a jamais voulu dire que la poésie ne fût qu'une peinture, et