Pictoribus atque poètes
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(Ibid.)
OPÉRATIONS COMPLEXES DE L'iNTELLIGENOE 139
rhylhme; car on mettrait en vers les écrits d'Hérodote qu'ils n'en seraient pas moins de l'histoire. La difTérence entre l'historien et le poëte, c'est que l'un présente les choses telles qu'elles ont été, et l'autre telles qu'on désirerait qu'elles fussent ^. » Cicéron professa une opinion semblable : « Selon l'avis de plusieurs, dit-il, bien que Platon et Démocrite n'écrivent pas en vers, leur style, à cause du mouvement qui l'anime et des figures éclatantes dont il est orné, est plutôt de la poésie que celui des poètes comiques, qui, malgré les petits vers qu'il renferme, ne diffère en rien de la conversation. Lerhythma n'est pas l'affaire capitale des poètes ; et la ressemblance qui peut rapprocher les orateurs des poètes ne doit pas faire méconnaître les différences qui les séparent -. » Horace confirme sur ce point l'autorité d'Aristote et de Cicéron. « Je ne me comprends pas dans le nombre do ceux auxquels je donne le nom de poètes; car pour être poète, il ne suffit pas de tourner un vers et d'écrire comme moi d'un style qui ressemble à la conversation. Il faut réserver l'honneur de ce nom à celui dont l'inspiration est divine et dont la bouche chante des merveilles.... Enlevez à ce que j'écris maintenant et à ce qu'écrivait Lucilius la mesure, le rhythme; mettez à la fin de la phrase les mots qui sont au commencement, et au commencement ceux qui sont à la fin, vous ne retrouverez pas les membres dispersés d'un poète ^. >
Aristote dit que la différence entre l'historien et le poète, c'est que l'un expose les choses telles qu'elles ont été, et l'autre telles qu'on désirerait qu'elles fussent, et il assigne au poète comme son domaine particulier le merveilleux, la fiction, les choses qui passent la raison. Horace ajoute qu'il faut réserver le nom de poète à celui