‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 73 sur 261 · Mens divinior, f Satires, liv. I, sat. rv · texte numérisé non relu

Mens divinior, f Satires, liv. I, sat. rv

2. Coup d'œil général sitr Horace et ses œuvres, discours prononcé par M. Henri Patin, pour l'ouverture du cours de poésie latine à la faculté des lettres de Paris, le 30 novembre 1844.

comédie. Chez les anciens, le merveilleux était encore en usage dans la tragédie et même dans la comédie; mais Aristote distinguait à ce sujet entre le merveilleux qui étonne la raison to ôauixacTov, et celui qui la contredit To aXoyov, il accordait le premier au drame et réservait le second à l'épopée '. Dans les temps modernes, le merveilleux est sorti de la tragédie et surtout de la comédie, et le drame n'a conservé que la conception idéale des caractères et la peinture des passions; mais même dans cette peinture, la poésie dramatique diffère de l'art oratoire en ce que celui-ci se propose de persuader l'auditeur et de le pousser à quelque action utile ou honnête, tandis que la première ne cherche qu'à le charmer par la vérité ou la beauté idéale des tableaux.

Il ne sera pas difficile à présent de trouver quels sont les éléments de l'imagination oratoire et de l'imagination poétique. Ni l'une ni l'autre n'est, à nos yeux, une imagination spéciale comme celle du musicien, ou du peintre ; elles sont la réunion de tous les genres d'imagination quelque sens qu'on donne à ce mot. L'orateur et le poëte ont besoin de cette vive réminiscence des objets qui les peint dans notre esprit avec toutes leurs formes et toutes leurs couleurs. Il leur faut, sinon l'invention musicale et l'invention du peintre, au moins le goût de la musique et de la peinture, pour donner à leurs paroles le rhythme et l'harmonie, et imprimer la beauté idéale aux personnages qu'ils font agir, et aux sites dont ils décorent le théâtre de l'action. Il faut enfin à l'orateur l'invenlion des preuves, et au poëte celle du merveilleux.

L'orateur parvient à convaincre la raison par la connaissance de la morale, celle du cœur humain, et l'in-

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