‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 76 sur 261 · Xénophon, Banquet, chap. viii · texte numérisé non relu

Xénophon, Banquet, chap. viii

nir de sa grandeur. Le contraste entre la majesté de l'empereur et l'humble condition de l'ouvrier : voilà ce qui frappe tout le monde. Mais Fontenelle trouve un accord là où les autres voient une opposition, et après avoir dit, que le czar avait entièrement oublié sa dignité, il ajoute : « ou plutôt il ne s'en était jamais si bien souvenu, si elle consiste plus dans des fonctions utiles aux peuples que dans la pompe et l'éclat qui l'acco pagne *. >

Voltaire, voulant parler d'amour à une fille de roi, ne demande pas grâce pour la bassesse de son rang: c'est pourtant l'oposilion qui s'offre la première à la pensée ; il suppose un rêve, où il est Tégal de celle qu'il aime et où il peut lui faire connaître ses sentiments, qui se trouvent ainsi déclarés par un détour. Puis au lieu de supposer que tout se termine à la fin du songe, il en fait demeurer quelque chose et c'est précisément cet amour; et pour l'empêcher d'être offensent, il ne parle point de ce qu'il a gardé, mais seulement de ce qu'il a perdu hors du rêve :

souvent un peu de vérité

Se mêle au plus grossier mensonge :

Cette nuit dans l'horreur d'un songe

Au rang des rois j'élais monté.

Je vous aimais, princesse, et j'osais vous le dire : Les dieux à mon réveil ne m'ont pas tout été,

Je n'ai perdu que mon empire ^.

Ce talent de faire entendre ce qui nous reste en parlant de ce que l'on n'a plus, ces fictions ingénieuses, ces comparaisons adroites, ces oppositions industrieuses, ne sont cependant que les actes de nos facultés d'observation, d'induction et d'interprétation, c'est-à-dire des fa-

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