‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 82 sur 261 · Ibid., Économique, chap. I · texte numérisé non relu

Ibid., Économique, chap. I

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et de la raison; il a commencé même à distinguer dans la raison quelques facultés différentes, mais en donnant aux qualités générales ou aux genres un fondement distinct des individus, il a bâti une ontologie fantastique et ouvert une fausse route dans laquelle s'est longtemps égarée la philosophie. G est ce que nous allons essayer de montrer en peu de mots.

Faisons voir d'abord comment il distingue les connaissances quine viennent pas des sensextérieurs. « Entendre les sons d'une langue, dit-il, et les comprendre, ce n'est pas la même chose ; voir des lettres et savoir ce qu'elles signifient diffère l'un de l'autre; nous connaissons par la vue la forme et la couleur des lettres, et par l'ouïe les sons aigus et les sons graves ; mais ce que les grammairiens et les interprètes nous apprennent, nous ne le savons pas par la vue et par l'ouïe, nous ne le sentons pas *. Quand on a appris une chose et qu'on en possède encore le souvenir, la sait-on ? — Oui. — Et cependant on ne la voit plus. Donc, savoir est encore autre chose que voir, u moins qu'on ne dise qu'on la sait et qu'on ne la sait pas en même temps 2. Si la vérité est pour chacun ce qu'il sent, chacun est la mesure de toute chose; mais le maître de géométrie est-il seul la mesure des figures géométriques, ou tous les autres sont-ils aussi une mesure pour l'astronomie et le reste * ? Chacun ne croit-il pas être inférieur à ses semblables sur quelques pointsjet supérieur sur d'autres? Dans le danger, ne s'en rapporte-t-on pas auxgénéraux,aux pilotes, et ne les regarde-t-on pas comme supérieurs en savoir à la multitude*?» Platon donne à entendre par là que la science s'applique à une réalité et n'est pas une pure modification des sens de chacun de

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