‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 83 sur 261 · Ibid., éd. H. E,, t. P^ p. 170, a · texte numérisé non relu

Ibid., éd. H. E,, t. P^ p. 170, a

nous. « La beauté et la laideur, poursuit-il, la justice et .l'injustice, la piété et l'impiété changent-elles suivant la sensation? Si elles changeaient, pourquoi l'utilité ne changerait-elle pas de la même manière ? N'y a-t-il pas des villes qui, en croyant se donner des lois utiles, se sont trompées ? Il faut distinguer différents genres d'utilité : il y a l'utilité présente et l'utilité à venir; la sensation sera-t-elle aussi le critérium de l'avenir? Si un homme pense qu'il aura la fièvre et que le médecin pense le contraire,ravenirsera-t-il conforme à l'une ou à l'autre de ces deux opinions ou à toutes les deux? A l'égard de la douceur ou de l'aigreur future du vin , l'opinion du vigneron l'emporte sur celle du joueur de lyre. Que pour le plaisir actuelet le plaisir passé la sensation individuelle soit le meilleur juge, je le veux bien; mais il n'en est pas ainsi pour le plaisir futur *. Ge qu'on sait par la vue on ne le sait pas par l'ouïe, et ce qu'on sait de .commun sur les objets de celle-ci et de celle-là, on ne le sait ni par l'une ni par l'autre. Sur le son et la couleur, on sait d'abord que l'un et l'autre existent; de plus, que l'un n'est pas l'autre et que chacun de ces objets est lui-même ; qu'ensemble ils sont deux et que chacun séparément est un, enfin qu'ils sont semblables ou dissemblables. Or, toutes ces choses on ne les sait ni par l'ouïe ni par la vue; par quel sens donc? L'âme connaît ces choses-là par elle-même ^ L'essence -J; oùaia, qui caractérise chaque chose est au nombre des connaissances que l'âme acquiert de cette façon. Il en est ainsi pour le semblable et le dissemblable, l'identique et le non identique, le beau et le laid, le bon et le mauvais ; car pour juger de ces choses, l'âme est obligée d'en examiner l'essence et de tenir compte dupasse, du présent et de l'avenir. L'âme sent la

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