AÙT/i Si' aÙTfJî. Théétète, édit. H. E., t. 1er, p. igS
dureté, la mollesse par le toucher; elle juge l'essence, la ressemblance, l'opposition par elle-même. Est-il possible de saisir la vérité, si on nesaisitpasl'essence des choses? Sans la vérité on n'aura pas la science. La science n'est donc pas dans les impressions Iv toT; TtaÔTifjiacTi, mais dans le raisonnement qu'on fait sur elles ^ Le nom commun de tous les actes que l'âme accomplit par le corps est sentir 2, et le nom commun de tous les actes qu'elle accomplit par elle-même est pensée *. »
Dans ce passage, Platon exprime par un seul mot So^a- Çeiv, ôo'^a, tous les actes que l'âme accomplit sans le corps ; ailleurs, il emploie d'autres termes dans le même sens* ; nous verrons qu'il a fini par faire des distinctions entre ces mots et par les appliquer à des facultés différentes.
Continuons de relever les passages où Platon énumère les connaissances que nous n'acquérons que par le corps : « A-t-on jamais vu par les yeux, dit-il, ou par quelque autre sens corporel, le juste, le beau, le bon, et même la grandeur, la santé, la force, l'essence, qui caractérise chaque chose ^•, tout cela se connaît-il par le corps ou parla pensée ? Nous connaissons, par nous-mêmes, tout ce qui est simple ®. J'appelle profanes ceux qui ne croient à l'existence que de ce qu'ils peuvent saisir des deux mains et qui ne regardent pas comme des réalités les actions, les productions et tout ce qui est invisi-