‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 86 sur 261 · Rép. édit. H. E., t. II, p · texte numérisé non relu

Rép. édit. H. E., t. II, p

nière, il n'y a pas de vérité ou d'existence absolue, mais des sensations purement individuelles; que la vérité est ce qu'elle paraît à chacun, c'est-à-dire diverse suivent les divers individus et que tout homme est la mesure de toutes choses. Platon répond que si le sens est la mesure de l'objet senti, il ne l'est pas de ce qui ne tombe point sous les sens ; que le maître de géométrie n'est pas la mesure de la figure géométrique, ni l'astronome la mesure de la révolution des astres ; que dans une tempête on se fie au pilote, dans une guerre au général ; qu'il y a donc une vérité extérieure, abso'ue, qui est plus ou moins bien aperçue par les hommes, et qui ne dépend point de notre manière de sentir. Platon aurait même pu soutenir que la sensation ne fait pas l'objet senti ; que le son, la forme et la couleur sont quelque chose d'extérieur, qui ne dépend point de notre manière de sentir, mais qui détermine notre sensation. Platon fait une concession de trop, mais il montre parfaitement qu'un grand nombre d'actes intellectuels dépassent la sensation.

Reprenons les exemples qu'il a donnés. Pour comprendre les sons d'une langue il ne suffit pas de l'ouïe : il faut l'interprétation naturelle des signes, s'il s'agit de ces mots que Platon regarde comme naturellement expressifs *, ou le souvenir, s'il s'agit de termes institués par la convention. Le souvenir du passé appartient à la mémoire, qui peut bien reproduire la connaissance des objets de la sensation, mais qui ne les sent plus. La croyance à l'utilité future d'une loi, à l'invasion probable de la fièvre, à l'aigreur ou à la douceur du vin à venir n'est pas une sensation, mais un acte particulier d'une faculté que nous avons nommée induction. Le carré en lui-même, le diamètre en lui-même,

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